Margarita Girardi (Argentina)

Galletas de avellana

Premier Prix Romans Publiés 2014

Eso le habían repetido los marineros una y otra vez animándolo a la aventura: ¿Qué vas a hacer aquí muchacho? Allá hacemos falta y aquí sobramos.

Galletas de avellana, Laborde Libros, Rosario (Argentina), 2014

Dans le cadre des grandes migrations vers le continent américain à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, Margarita Girardi choisit deux jeunes provinciaux italiens pour incarner les interrogations universelles des êtres humains sur leurs racines, où la consistance de ces dernières rappelle plutôt celle du pollen dont la liberté consiste à confier son sort à des vents aveugles.

Parfaitement situé à la lisière entre la reconstruction historique et la fantaisie réaliste, le temps prend son envol dès que vient l’heure pour Emilio et José de dire au revoir à leur village natal afin de porter leur regard vers l’autre côté de l’Atlantique et il se stabilise, pour le premier, lors de la fondation d’une nouvelle vie, et pour le second, avec la dissolution de la vie elle-même. Emilio arrive à rejoindre son frère Santiago, qui avait émigré en Argentine auparavant, sans soupçonner que son destin sera de l’enterrer et d’épouser sa veuve, et sans se douter le moins du monde que c’est précisément dans le creuset façonné par ce triste mariage et grâce au morceau de terre qu’il sera finalement en mesure d’acheter, que ses nouvelles racines germeront. José ne retrouvera jamais son cousin Emilio parce que son bateau – mais cela il l’ignore – ne va pas en Argentine, mais aux États-Unis, où l’attendent des tunnels sombres, humides et poussiéreux desquels il ne ressortira jamais complètement ; même pas quand enfin libre, mais également à deux doigts d’une mort trop prématurée, il plantera ses racines en se mariant avec Beatriz.

 

Galletas de avellanadécrit avec une profonde humanité la diaspora mineure de solitudes sans chair ni âge, suspendues comme le pollen en vol entre la terre rejetée et la terre promise, et impatientes d’apprendre que la liberté – comme le savent très bien les arbres – fleurit à même le sol, et non depuis le ciel.

(Alberto Asero)

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