Fatoumata Kane (Senegal)

Mirages

Primo Premio Narrativa Edita 2015

Que diable se passait-il dans la tête de tous ceux que imaginent l'Europe comme la seule voie de réussite ?

Combien de pauvres y-a-t-il en Europe ?

Mirages. Le Manuscrit, Parsi (France), 2008

www.fatoumatakane.com

Au moment même où le problème des migrations de masse met en évidence le scandale d’un progrès qui n’est pas encore à visage humain, Fatoumata Kane raconte la tragédie de l’émigration africaine vers l’Europe, vue à travers les yeux de ceux qui quittent leur pays à la recherche d’un espoir.

Esclave d’un mirage qui appauvrit davantage que ne le fait la pauvreté elle-même, le protagoniste de Kane est un alter ego de lui-même : une sorte d’identité évitée qui vit pour partir et qui part pour revenir, en traversant le désert et la mer, afin d’encourir une mort tragique ou de connaître la chance de l’exil, selon son destin. Désiré et imposé en même temps, le drame de celui qui émigre présente de nombreuses facettes, dont l’une des plus sombres est sans doute la dissimulation systématique de sa propre souffrance, qui est sublimée et déposée comme une offrande votive sur l’autel des apparences et de l’auto-discrimination. Cependant, une fois qu’il est livré à la page, le noir n’est plus noir : il assume soudain toutes les couleurs de l’humanité, ainsi que cet instinct, récurrent dans les veines de tout un chacun, qui nous pousse à rechercher ailleurs ce que nous ne sommes pas.

Impérieux et omniprésent, le désir de revenir l’emporte sur tous les autres. Selon Kane, la clandestinité n’est pas une catégorie juridique : elle se réfère au caractère inhumain de la perte de nos propres racines. (Il nous vient alors à l’esprit ce passage de La lune et les feux où Cesare Pavese découvre qu’appartenir à un peuple, c’est ne pas être seul même quand on en est loin, car quelqu’un ou quelque chose est en attente ; et cet autre passage de Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez, où les morts deviennent les racines sur lesquelles la vie des vivants s’installe, court, résiste.)

(Alberto Asero)

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